Côte d’Ivoire : le pays enregistre déjà un décès et instaure le couvre-feu à Daoukro à l’approche de l’élection présidentielle du 31 octobre prochain

0
340
Une vue des manifestants ivoiriens, © IGFM.SN, DR/YIRA Webzine 2020

Le 6 août passé le président ivoirien Alassane Ouattara affirmait lors de son traditionnel discours à la nation que « je suis candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2020 ». Un discours prononcé lors de la célébration du soixantième anniversaire d’indépendance de son pays. Une annonce dans laquelle il revenait sur sa précédente décision de ne plus briguer un second mandant. Seulement, le fauteuil présidentiel étant un titre foncier dans plusieurs pays en Afrique, Alassane Ouattara a décidé de brader sa propre parole, provoquant ainsi l’ire d’une bonne partie de la population ivoirienne qui appelle à descendre dans la rue.

La Côte d’Ivoire s’achemine-t-elle vers le scénario de 2010 ? C’est la question que se pose bon nombre d’observateurs de la vie politique ivoirienne au regard des récents évènements qui ont précédé l’annonce de candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat. Au lendemain de cette annonce, l’artiste Meiway avait mis en garde le chef de l’Etat ivoirien sur un possible risque de soulèvement en cas de maintien de sa candidature. Il avait donc exhorté ce dernier à renoncer à ce mandat qualifié de « trop » avant d’ajouter que « le peuple ivoirien qui vous a accompagné à la magistrature suprême, pourrait vous manquer de respect ».

« En succombant à la tentation et à l’éternité politique, vous risquez de faire sombrer la Côte d’Ivoire dans un chaos que nous croyions éloigner à jamais. Allez-vous sacrifier tout ce que vous avez bâti pour vous classer du mauvais côté de l’histoire de notre pays ? Allez-vous tomber dans le destin tragique des chefs d’Etat africains obsédés par le pouvoir ? », avait indiqué l’artiste ivoirien de 58 ans.

Ainsi, depuis cette annonce surprise, la tension est montée d’un cran entre les partisans de l’opposition et ceux du pouvoir. Les manifestations qui prennent de plus en plus de l’ampleur dans le pays notamment dans le centre-Est sont dispersées par les forces de l’ordre. Ces affrontements ont déjà enregistré un mort, plusieurs blessés et d’autres dégâts matériels. Le climat qui prévaut actuellement en Côte d’Ivoire n’est pas du tout rassurant d’autant plus que les signes d’un possible embrasement comme sont prévisibles. La communauté internationale devrait rapidement se pencher sur ce dossier puisqu’il y’a 10 ans le pays avait déjà sombré dans des violences post-électorales qui ont engendré plus de 3.000 morts, fait de nombreux blessés et de déplacés.

Nous y reviendrons !

Jofrid MAYOSSA

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici