Yvan Zué Anguilet, portrait d’un passionné de la photographie

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Je suis Yvan Zué Anguilet, j’ai 30 ans. Issu d’une famille très modeste, je ne suis pas allé très loin dans mes études. Pour tout vous dire, je n’ai pas finis le collège. Cependant, cela a été une de mes forces. En effet, je considère que c’est une force de pouvoir s’armer de la vision de réussir. Il faut construire toute une logistique mentale autour de ce que beaucoup considèrent comme un point faible. Alors que c’est un point fort qui peut être catalyseur pour pouvoir avancer.

J’ai aussi eu le soutien inconditionnel des miens. Cela m’a beaucoup aidé. Quoique, à bien y réfléchir je me serai tout de même lancé. Je suis une personne assez téméraire. Quand j’ai une idée, je fonce.

Durant une certaine période, qui a été pour moi une sorte de trou noir, je me suis dit qu’il fallait que je m’oriente vers un domaine que j’aime. Mais, tout en m’efforçant de devenir le meilleur dans ce domaine. Je ne prétends pas être le meilleur mais, les retours de mon travail sont très positifs.

Commencée en 2011, j’ai tâtonné jusqu’en 2013 dans la photographie. Ensuite, j’ai fait la rencontre de Désirey Minkoh. Il m’a offert son espace de travail. C’est mon mentor. Chez lui, j’avais accès à internet et à tout ce qui pouvait m’aider à m’améliorer dans la technique, les réglages d’appareils photo, etc. Puis, j’ai pris mon envol.

Je suis parti d’Afrikimages, l’agence de Désirey, et j’ai essayé de me construire moi-même. D’ailleurs encore, aujourd’hui je continue de me construire. Comme dans toute activité je suppose, j’ai fait face à de nombreuses difficultés. Lorsque je commençais, on n’avait pas la même approche du métier de photographe qu’on a aujourd’hui. Les gens ne comprenaient pas forcément toute l’étendue du travail qu’il y a à faire. Une journée à travailler pour la prise de vues et 2 semaines à retoucher les images. Tout dépend de l’envergure de la tâche qu’on vous a attribuée.

Mais, la plus grosse difficulté qui demeure encore à ce jour dans ce métier reste la superstition. En tant que photographe, vous pouvez sortir dans la rue et tomber sur une situation qui vous parle en tant qu’artiste et avoir envie de la filmer. Les individus vont chercher à se cacher le visage pensant que vous irez vendre leur esprit.

C’est pour cela qu’on a vraiment du mal à aller dans les marchés et filmer les gens. Parce que dans les marchés, il se passe énormément de choses, mais des choses extraordinaires. C’est là-bas qu’on rencontre des expressions terribles des individus, parce que c’est là-bas que les gens travaillent à la sueur de leur front. Tout ça se voit sur leur visage. Prendre des images de ces gens sans leur consentement peut vous causer des soucis. Mais en même temps, c’est normal car le photographe doit pouvoir tenir compte du droit à l’image.

Mon objectif étant d’être une référence en matière de photographie, je souhaite répondre à tous ces critères comme un spécialiste dans chaque domaine. C’est pour cela que je me sens très à l’aise aussi bien dans la nature que dans la photo de studio. Et à vrai dire, je découvre cette dernière à peine. Cela m’oblige à travailler avec Photoshop qui est un logiciel de retouche d’images très complexe. Travailler sur ce logiciel prend énormément de temps. Parfois 4 à 5 heures de temps sur une photo pour que le rendu soit acceptable.

J’ai déjà organisé 3 expositions. Une au Méridien, et les deux autres à l’école Le Ruban Vert. Ça a été de superbes expériences. Lors de la première exposition, je n’ai enregistré aucune vente. Je pense que la communication n’était pas passée. Seuls mon meilleur ami et mes parents avaient effectué le déplacement.

Cependant, pour les autres expositions, des œuvres ont été vendues. A la 2ème par exemple, j’ai reçu la visite de certaines personnalités du pays. Ça m’a permis de me faire connaître dans le milieu. Après ça, pas mal de portes se sont ouvertes.

Il y a des personnes qui ont des passions, mais qui ne peuvent pas les rentabiliser. Pour ceux qui veulent entreprendre, sachez qu’en Afrique, il y a tellement de choses à faire et quelques fois même à refaire.

J’ai vu, il n’y a pas si longtemps, un marionnettiste. C’était assez fascinant de voir ça. En sachant se vendre, on arrive à faire des prodiges. De nos jours, les moyens de communication se sont multipliés.

Extrait du blog VisezLaLune, et réactualisé par la rédaction de YIRA Webzine.

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